Pétrole : c’est de moins en moins clair

C’est un élément essentiel de la volatilité actuelle des marchés : le pétrole fait le yoyo depuis plusieurs mois, et voir plus, ce qui en fait un véritable cas d’école.

En effet après être monté au dessus des 48 $ le baril en octobre de l’année dernière et être même descendu en dessous des 28 $ au mois de février, le baril de pétrole vaut aujourd’hui aux alentours des 36 $.

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Pourquoi ce cours ?

En fait il faut savoir que l’Arabie Saoudite a programmé son budget sur la base à 26 $ ! Aujourd’hui, la production est au maximum et de très nombreux gisements viennent d’être mis en exploitation un peu partout (pas seulement au proche orient).

La demande globale, contrairement à ce que l’on entend ou ce que l’on croit généralement, n’a pas baissé. Il y a bien aujourd’hui une surcapacité de la production de pétrole. En pourcentage de la production globale, cette suroffre n’est pas très importante mais elle est suffisante pour entraîner une baisse vertigineuse des prix. Cette baisse est en fait volontairement entretenue par l’Arabie Saoudite qui vend à des prix très bas pour essayer de rendre les nouveaux gisements dont l’exploitation coûte plus chère (américains en particulier, mais pas seulement), non rentables.

Lorsque l’Arabie Saoudite décide d’influer sur les cours

Il a en fait de la part de l’Arabie Saoudite une volonté de ruiner l’industrie du pétrole et en particulier celle du gaz de schiste américain et canadien dont les Saoudiens ne voient pas du tout d’un bon œil le développement  (mais pas vraiment pour des motifs écologiques…).

Les Améciains ont cependant réussi à baisser considérablement les coûts d’exploitation des mines de schistes rendant l’opération des Saoudiens moins simples qu’il pouvait sembler l’être, en tout cas au démarrage de cette activité. De surcroît des compagnies pétrolières américaines, très solides, se sont également engoufrées dans ce secteur et, pour le moment, il n’y a donc pas de baisse de production de gaz de schiste à l’horizon aux Etats-Unis, l’exploitation de ces gisements restant donc rentables même à des prix peu élevés.

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Cette situation a plusieurs conséquences

Sans parler des conséquences pour certains pays producteurs dont on annonce les plus grandes difficultés financières (avec leurs incidences géopolitiques), les conséquences de cette chute sont et seront ressenties à des degrés divers sur les marchés financiers :

1- Les fonds d’investissements qui gèrent les réserves des pays pétroliers inondent les marchés en vendant une partie de leur réserve, car les pays pétroliers ont besoin d’équilibrer leurs comptes ;

2- Les fonds américains sont spécialistes des effets « moutonniers » : ils vendent sans réelle analyse de la situation ;

3- Les compagnies pétrolières américaines se financent très largement sur le marché obligataires (High Yield / Haut Rendement). La fragilisation des compagnies pétrolières américaines a entraîné une hausse très importante des taux obligataires qui s’est répercutée sur l’ensemble des taux obligataires des entreprises américaines, même non pétrolières. On trouve ainsi des obligations pétrolières à plus de 7% et des obligations d’entreprises du secteur non liées au pétrole à plus de 5%. Le Spread (différence entre le taux des obligations d’entreprises et le taux sans risque des obligations d’Etat) est extrêmement important et ne correspond pas au risque du taux de défaut.

Comme je vous l’ai indiqué en intitulé, le pétrole est de moins en moins clair et répercute des opportunités de placement.

 

 

2 thoughts on “Pétrole : c’est de moins en moins clair

  1. Comme on le sait tous, le pétrole est considéré comme l’or noir. C’est une substance vraiment onéreuse et très convoitée. Penses-tu qu’il arrivera un jour où l’on en manquera ?

    1. Il y a 20 ans, les experts annonçaient la fin du pétrole à un horizon de 30 ans.
      Aujourd’hui personne n’annonce rien car entre les véhicules qui consomment moins et les énergies alternatives, plus personne ne veut prendre le risque de dire une bétise sur le sujet…

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