L’épargne régresse en France

Finalement, les Français ne sont plus les épargnants qu’ils ont été… En tout cas, ils n’épargnent plus autant qu’avant !

Les résultats d’une récente étude ont, en effet, révélé que même si le taux d’épargne en France figure parmi le plus élevé d’Europe, cela ne concernait pas tout le monde.

Au contraire, plus de la moitié de la population française se trouve dans l’incapacité de faire des économies, que ce soit chez eux, en espèces sonnantes et trébuchantes, ou en banque, ce qui augure de grosses difficultés quand on sait les problèmes que connaîtront certains au moment de prendre leur retraite comme je l’annonce ici.

Et pourtant, il est bien connu que les Français sont ceux qui s’inquiètent le plus pour leur avenir et d’ailleurs, nombreux sont ceux qui décident (enfin) à investir.

Mais pourquoi n’arrivent-ils pas à mettre en place les bases d’une épargne solide ? Quelques explications.  

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Moins de 50 € d’épargne par mois

Réalisée par l’institut SMG Insight/YouGov pour Genworth Lifestyle Protection Insurance, cette étude publiée récemment ne manque pas d’attirer l’attention des économistes.

En effet, d’après les résultats de cette enquête, plus de 50 % des ménages français n’arrivent à épargner que 50 € par mois. Après avoir assuré leurs dépenses de base comme le loyer, l’électricité, le gaz, le téléphone, la nourriture, etc. et, bien évidemment, les impôts, ces 50 € constituent le maximum qu’ils peuvent épargner tous les mois.

Un faible montant, qui n’est pourtant pas le plus bas en France, car pour plus d’un quart de la population française, cette épargne mensuelle tombe à moins de 10 € !

Les derniers d’Europe

Alors que d’une manière globale, la France se situe au deuxième rang en Europe en matière d’épargne, sa position se retrouve révisée lorsque l’on s’intéresse de près à chaque ménage.

En  moyenne, les Français disposent, en effet, de 1 024 € en liquide chez eux, soit 476 € de moins qu’en Allemagne. En Belgique, chaque ménage garde même 2 600 € sous l’édredon.

Et en banque me direz-vous ?

Effectivement, si l’on n’a pas d’épargne sous forme d’espèces chez soi, il est logique que l’on garde son argent sur son compte en banque. Cependant, toujours selon les données recueillies, les Français disposeraient seulement de 4 600 € sur leurs comptes d’épargne. Soit pratiquement le chiffre le plus bas d’Europe.

Mais qui parvient alors à épargner ?

En fait, quelques critères entrent en jeu dans cette capacité d’épargne. Si tout le monde vise un avenir meilleur, chaque situation ne se ressemble pas. Notons tout d’abord qu’il y a des moments clés dans la vie où l’on épargne plus qu’à d’autres, où l’on possède la capacité et l’envie d’investir plutôt que de mettre de l’argent de côté.

Ainsi, statistiquement, les Français de moins de 30 ans constituent notamment de piètres épargnants. Et à partir de 70 ans, la plupart des personnes âgées ne pensent pas non plus à épargner mais plutôt à transmettre à leurs enfants.

L’envie d’épargner arrive surtout pour les tranches d’âges allant de 40 à 50 ans, où la majorité des gens sont très actifs, dans la force de l’âge comme on dit, et pensent particulièrement à construire un patrimoine et se constituer une retraite dorée.

Bien évidemment, la possibilité d’épargner ou non reste aussi dépendante des revenus de chacun.

Le quart de la population française possédant le niveau de vie le plus élevé épargne notamment près d’un tiers de ses revenus quand, inversement, le quart aux revenus les plus faibles, sombre pratiquement dans l’endettement. Cette partie de la population dépense, en effet, plus qu’elle ne gagne. Et ce n’est pas le fait de mal gérer son argent, puisque cette partie de la population n’arrive pas à gagner suffisamment pour assumer ces dépenses courantes. A noter que l’on peut retrouver dans cette catégorie des ménages qui gagnent très bien leur vie mais qui « brûlent » littéralement l’argent tous les mois. Il est évidemment compliqué pour ne pas dire impossible dans ces conditions de se constituer une épargne et d’investir. Car l’épargne reste la base de tout projet d’investissement : sans cette capacité à faire rentrer plus d’argent qu’il n’en sort, point de salut.

Le portait robot de l’épargnant en France ressemble en fait à peu près à ceci : un cadre ou un agriculteur, avec un enfant, vivant plutôt dans les campagnes ou les petites communes que dans les grandes villes et qui possède sa résidence principale. A l’opposé, le portrait de celui qui n’épargne pratiquement pas, est souvent un jeune urbain qui perçoit un faible revenu et qui est locataire de son logement.

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Une solution : contrôler les dépenses

Aussi, toujours selon l’étude, 45 % des Français ont décidé de minimiser leurs dépenses sur les loisirs. 52 % ont notamment limité les sorties au restaurant, 50 % ont diminué leur budget pour le shopping et 25 % ont annulé leur abonnement dans les clubs sportifs ou autres.

Ceux qui ont vu leur compte en banque se vider trop vite ont également pris la décision de réduire les dépenses de base. 19 % des personnes enquêtées ont, entre autres, réduit leur consommation en nourriture ainsi qu’en eau et 22 % sont désormais plus prudents sur les gaspillages en électricité.

La réduction des dépenses s’impose donc comme une tendance lourde pour beaucoup d’entre nous mais que font les Français lorsqu’ils parviennent au bout de tant d’efforts à investir ou placer leur argent pour leur avenir ?

L’assurance vie, toujours à la mode

L’un des placements préférés reste l’assurance vie auprès des ménages français. Il s’agit, en effet, d’une véritable spécialité française puisque les Français sont champions d’Europe en la matière.

Ceci s’explique surtout par l’attractivité fiscale de ce placement et du matraquage publicitaire réalisé par les banques et les assurances pour collecter plus de fonds. Pourtant regardez bien les frais et les rendements annoncés, surtout les petits caractères indiquant en bas de page des publicités les informations légales et autres avertissements adressés aux consommateurs,  et vous verrez que vous ne gagnez en fait pas grand chose avec ce placement.

Une autre solution : investir

Cette conjoncture n’invitant pas à la prise de risque, les Français sombrent dans le pessimisme. Et c’est connu : les pessimistes n’investissent pas (c’est un vieux proverbe chinois d’ailleurs 😉 ).

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L’inquiétude a,  en effet, gagné les Français, dont la plupart n’osent plus prendre de décisions et préfèrent s’en remettre à des « spécialistes » pour prendre en main leur argent, leur avenir.

Il est donc temps de se reprendre et de réviser ses certitudes sur l’argent pour prendre le dessus sur cette situation qui ne fera, de toute manière, pas décoller l’économie, individuellement comme collectivement.

Shining sun at clear blue sky with copy space

La meilleure solution est à mon sens d’investir le plus tôt possible. L’immobilier reste le support le plus sûre et le plus rentable pour qui connaît les rouages de la rentabilité immobilière et qui sait tirer partie, et profit, de l’effet de levier du crédit en assurant un autofinancement de son investissement. Le seul souci, c’est d’oser franchir le pas.

Vos commentaires sont les bienvenus pour étayer cette réflexion.

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